Jo Vancouver 2010

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Le Biathlon

Introduction

Le biathlon est une épreuve combinant deux disciplines. Par coutume, quand on parle du biathlon, on évoque la combinaison du ski de fond et tir à la carabine. De nos jours, la pratique du biathlon au haut-niveau est réglementée par l’Union internationale de biathlon qui organise les principales compétitions. Bien que considéré comme discipline du ski ou sport de neige, le biathlon est totalement autonome vis-à-vis de la Fédération internationale de ski, autre institution mondiale ayant autorité sur la majorité des disciplines des sports d’hiver.

Historique

Dans les pays nordiques, le ski de fond était le mode de déplacement le plus pratique durant les longs hivers. Les hommes utilisaient des planches de bois pour se déplacer et des armes pour chasser, comme le montrent des vestiges de l’art antique scandinave. En Norvège, des peintures rupestres datant d’environ 5000 ans ont été retrouvées attestant du fait que les hommes pratiquaient déjà la chasse au gibier au moyen de skis pour se déplacer sur la neige. Ces chasseurs organisaient des compétitions pour désigner les meilleurs d’entre eux.
Un soldat armé avec des skis, gravure du Suédois Olaus Magnus datant du XVIe siècle

De nombreux écrits antiques chinois, grecs ou romains font le récits de combats entre soldats équipés de skis. Vers 40 avant J.-C., le poète Virgile décrit des pratiques de chasse avec des skis. Au Moyen Âge vers 1050, des pierre runiques retrouvées en Norvège représentent des hommes chassant à l’aide d’arcs, de flèches et des skis pour se déplacer. Plus généralement dans toute l’Europe du Nord, les écrits composés de sagas et de légendes évoquent l’utilisation combinée de skis et d’armes pour se défendre mais aussi pour se distraire.

Ces observations permettent de penser que les pratiques ancestrales du biathlon répondaient à des normes utilitaires : les déplacements, l’alimentation. Elles touchent également le domaine militaire, cadre ou se développe ce sport combiné.

Sur le plan sportif, les origines du biathlon se situent essentiellement dans le domaine militaire. Dès le début de l’ère des Vikings, les populations autochtones du Nord de l’Europe se défendaient à skis contre les Vikings danois qui procédaient à de régulières invasions. Au Moyen Age, des factions militaires armées équipées de skis deviennent des éléments essentiels des armées en Scandinavie et en Russie, des régions régulièrement enneigées.

Au XVIIIe siècle, les unités de patrouilles des armées nordiques pratiquent le biathlon pour surveiller les frontières. Le bon soldat de ces régions est alors à la fois bon tireur mais aussi excellent skieur. En 1767, la première compétition est organisée sur la frontière suédo-norvégienne entre des patrouilles des deux pays[1]. Jusqu’à la toute fin du XIXe siècle, la combinaison du tir et du ski n’est utilisée qu’au sein de l’armée, à l’exception de la chasse.

Le tout premier club de ski associé au tir, le Trysil Skytte og Skiloberlag ou Club de tir et de ski de Trysil, est créé le 30 mai 1861 en Norvège à Trysil[1],[2] (il a alors pour but de former les soldats pour leurs missions). Le biathlon est également apprécié dans les pays de langue allemande où la combinaison du ski de fond et du tir n’est pas rare. Plus encore, de premiers championnats militaires sont organisés dans l’Empire allemand en 1895. En Norvège en 1912, une course individuelle est organisée ; les concurrents doivent alors passer par deux séances de dix tirs positionnées sur le parcours de ski. Tous les participants étaient alors exclusivement des soldats recrutés au sein de l’armée qui organisait toutes les compétitions. Mais à partir du moment où les skis sont fabriqués industriellement, la pratique sportive est facilitée en dehors du strict cadre militaire.

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La patrouille militaire suisse lors des jeux Olympiques de 1928 à Saint-Moritz

Le forme de ces compétitions évolue jusqu’en 1915 et la première course de patrouille militaire. Alors que l’exercice individuel était jusqu’ici de mise, ski de fond et tir sont désormais pratiqués en relais par équipe. Composée de quatre membres, une patrouille militaire est menée par un officier accompagné par un sous-officier et deux soldats. Sur un parcours allant de 25 à 30 km, le relais doit effectuer une séance de tir à mi-distance, couché ou debout. Trente secondes étaient ajoutées au temps du relais en cas d’erreur sur ce pas de tir.

Ce sport connaît un engouement particulier dans les années 1920 et 1930. En 1924, la patrouille militaire fait même partie du programme olympique des premiers jeux d’hiver organisés à Chamonix[1],[3]. Elle devient sport de démonstration à l’occasion des jeux de 1928, de 1936 et de 1948.

Une fois la Seconde Guerre mondiale finie, le pentathlon d’hiver entre dans une nouvelle ère en se démilitarisant et en s’ouvrant davantage aux civils. La forte connotation militaire laisse place à la pratique par loisir. Aux jeux Olympiques d’hiver de 1948, le pentathlon d’hiver côtoie la traditionnelle patrouille militaire comme discipline de démonstration[4]. Alliant équitation, escrime, tir, ski de fond et ski alpin, ce sport est le pendant hivernal du pentathlon moderne. Mais non reconnu par le CIO, 1948 est l’unique apparition du pentathlon d’hiver au sein du programme olympique[4]. Parallèlement se développe un biathlon d’hiver alliant tir et ski de fond, une discipline qui connaît un rapide engouement en Scandinavie, en Allemagne et en Autriche[4]. Le 3 août 1948 à Sandhurst est créée l’Union internationale de pentathlon moderne qui montre un intérêt immédiat pour cette discipline des sports d’hiver[1],[4]. Présidée par le Suédois Tom Wibom, l’UIPM est composée de 17 pays membres. Sur proposition de l’un de ses successeurs, son compatriote Sven Thofelt, le terme de biathlon est officiellement retenu pour désigner ce sport[4]. En 1954, le biathlon est reconnu comme sport par le Comité international olympique[4]. Élaborées en 1955 à Macolin en Suisse, les règles de compétition sont approuvées le 17 novembre 1956 à Melbourne avant que le biathlon intègre officiellement l’UIPM en 1957[4] (qui devient alors Union internationale de pentathlon moderne et de biathlon en 1967).

Dès lors, après plusieurs années de pratique et de négociations, le biathlon devient sport olympique en 1960 à Squaw Valley, deux ans après l’organisation de premiers championnats du monde à Saalfelden[5] en Autriche. En 1978, un circuit international mondial est créé, la coupe du monde[4]. L’association avec l’UIPM perdure jusqu’en 1993, année de création d’une instance indépendante lors d’une cession extraordinaire à Londres, l’Union internationale de biathlon[6] (International Biathlon Union). La séparation formelle entre les deux fédérations a lieu en 1998[7]. Désormais autonome, l’IBU organise seule la majorité des compétitions de biathlon, les autres autres sports d’hiver comme le ski alpin, le saut à ski, le ski de fond ou le combiné nordique étant sous l’autorité de la Fédération internationale de ski.

Le Tir

La carabine utilisée en biathlon est une carabine de calibre 22 Long Rifle (5.56mm) que les athlètes portent sur le dos tout au long du parcours. Ils n’ont pas le droit de toucher à la culasse de la carabine en dehors du tapis de tir, ni même de retirer la carabine de leur dos. De plus aucune balle ne doit se trouver dans la culasse, ni dans le chargeur connecté à la culasse, en dehors du tapis de tir. Une douille vide, dans la culasse, ou un chargeur vide, connecté à la culasse, sont autorisés. C’est pourquoi les coureurs n’éjectent généralement pas la cinquième douille de leur canon, ni n’enlèvent le chargeur vide après un tir. Les chargeurs peuvent contenir cinq balles, plus 3 balles de recharge pour les épreuves de relais.

La cible est située à une distance de 50 mètres, aussi bien pour le tir debout que pour le tir couché. Les cibles ont un diamètre de 45 mm pour le tir couché, et de 115 mm pour le tir debout. L’impact de la balle sur la cible active un mécanisme qui va placer un cache blanc sur la cible. Le tir est considéré valide uniquement si ce mécanisme s’est activé. Ainsi il arrive que des cibles soient activées par un ricochet de la balle.

L’arme doit toujours pointer vers le ciel ou vers le pas de tir.

Les épreuves

Épreuves sportives
Relais 4 x 7,5 km — hommes
Relais 4 x 6 km — femmes
Sprint 10 km — hommes
Sprint 7,5 km — femmes
Poursuite 12,5 km — hommes
Poursuite 10 km — femmes
Départ en ligne 15 km — hommes
Départ en ligne 12,5 km — femmes
20 km individuel — hommes
15 km individuel— femmes

Les épreuves individuelles

Pour toutes les épreuves individuelles, un biathlète dispose de cinq balles pour abattre les cinq cibles proposées lors de chaque séance de tir.

L’individuelle

L’individuelle est la course de biathlon la plus ancienne. Bien que d’autres épreuves individuelles soient apparues depuis comme le sprint ou la poursuite, cette épreuve a conservée son nom original qui la distinguait des épreuves de relais.

Lors d’une course individuelle, les biathlètes s’élancent un par un avec un intervalle de 30 secondes. Le sportif doit effectuer cinq fois le parcours prévu, les quatre premiers étant conclus par une séance de tir dont l’ordre est obligatoirement le suivant : tir couché, tir debout, tir couché, tir debout. L’individuelle est la seule épreuve du biathlon où une erreur au tir entraîne une minute de pénalité et non un tour de pénalité. À ce titre, un tir manqué sur l’individuelle est davantage sanctionné que sur les autres épreuves, puisqu’un tour de pénalité ne coûte tout au plus qu’une trentaine de secondes. Ainsi cette épreuve distingue surtout les meilleurs tireurs et est souvent le théâtre de surprises lorsque les favoris faillent sur le pas de tir, plusieurs minutes de pénalités étant rarement rattrapable sur la piste.

Le sprint

C’est au tout début des années 1970 que le sprint a fait son apparition. Il s’agit d’une épreuve individuelle où il faut parcourir trois tours de circuit dont les deux premiers sont ponctués par une séance de tir. Épreuve la plus courte du biathlon (10 km pour les hommes, 7,5 km pour les femmes), le sprint est aussi celle proposant le moins de tirs. Comme pour l’individuelle, les biathlètes démarrent leur course un par un avec trente secondes d’intervalle. Les biathlètes sont d’abord confrontés à un tir couché avant d’aborder un tir debout. Chaque erreur au tir est sanctionnée par un tour de pénalité de 150 m, ce qui équivaut à environ 25 secondes de pénalité.

Le résultat final d’un sprint est doublement important car le classement final détermine l’ordre de départ pour une autre épreuve : la poursuite. Un mauvais résultat lors du sprint diminue ainsi les chances de bien figurer lors de la poursuite suivante. Seuls les 60 premiers de cette épreuve obtiennent le droit de participer à la poursuite.

La poursuite

Afin de rendre plus distrayant et spectaculaire le biathlon, la poursuite est inventée au milieu des années 1990. En effet, alors que les épreuves existantes sont basées sur le concept du contre-la-montre, la poursuite confronte directement les biathlètes sur la piste. Il s’agit donc directement d’une lutte contre les autres athlètes, et non contre le temps.

Cinq boucles sont parcourues lors d’une poursuite pour une distance totale de 12,5 km pour les hommes et de 10 km pour les femmes. Quatre séances de tir sont proposées, une à la fin de chacun des quatre premiers tours de course. La sanction d’une faute au tir est la même que sur un sprint : une boucle de pénalité de 150 m. Contrairement à l’individuelle, l’ordre des tirs n’est pas intercalé ; les deux premiers tirs sont effectués couché, les deux derniers debout. Seul les 60 premiers classés lors du sprint précédant une poursuite sont autorisés à participer à cette épreuve. L’ordre de départ de la poursuite correspond au classement final du sprint, les écarts à l’arrivée de ce dernier étant conservés pour les fixer l’ordre et les écarts de temps au départ de la poursuite.

Les poursuites sont en général des courses très nerveuses, marquée par de nombreux rebondissements. En effet, les quatre séances de tir au programme, combinés à la relative faible distance de la course peuvent rapidement envoyer un coureur dans les profondeurs du classement suite à plusieurs pénalités. De plus, cette course est bien plus difficile mentalement pour les athlètes, puisqu’ils se retrouvent relativement groupés sur le pas de tir, directement à la lutte avec leur adversaires.

Le départ en ligne (dit aussi “mass-start”)

Créée à la fin des années 1990, le départ en ligne est la quatrième épreuve individuelle reconnue. Cette épreuve est similaire à la poursuite, sans le handicap de temps au départ, puisque tous les athlètes partent en même temps. Il s’agit donc également d’une course nerveuse et à rebondissement.

Seuls les 30 premiers du classement général de la coupe du monde peuvent participer à cette épreuve. Cinq tours de circuits et quatre séances de tir sont au programme de cette course (deux tirs couché suivis de deux tirs debout, une boucle de 150 m supplémentaire par cible manquée). Le vainqueur est le premier à franchir la ligne d’arrivée. Long de 15 km pour les hommes et de 12,5 km pour les femmes, le départ en ligne se situe entre la poursuite et l’individuelle en termes de distance.

Traditionnellement, le départ en ligne est la dernière épreuve disputée lors d’une manche de coupe du monde quand elle est au programme. De même, elle clôt habituellement la saison hivernale de coupe du monde en réunissant les meilleurs biathlètes pour décerner les diverses récompenses.

Les épreuves par équipes

Le relais

Bien que le biathlon soit un sport individuel, des épreuves par équipes existent sous la forme de courses de relais (comme en athlétisme ou en natation). En coupe du monde, un relais de biathlon est composé de quatre sportifs du même sexe représentant un seul et même pays. Chaque athlète parcourt au total 7,5 km pour les hommes et de 6 km pour les femmes, entrecoupé d’une séance de tir couché puis débout. Dans les catégories de jeunes et de juniors, les relais sont constitués de trois membres et les distances plus courtes.

Le départ d’un relais s’effectue groupé à la manière du départ en ligne. Le relais entre deux membres d’une équipe se fait dans une zone délimitée de 30 m dans laquelle celui qui finit son parcours doit toucher le corps de son partenaire avec la main (le bâton et les skis ne comptent pas).

Il y a au total huit tirs, quatre couché et quatre debout, et donc 40 cibles à abattre lors de cette course. Mais contrairement aux épreuves individuelles, un biathlète ne dispose plus de cinq balles pour descendre cinq cibles mais de huit. Les cinq premières sont présentes dans un chargeur, les trois dernières, appelées balles de pioche, doivent au besoin être chargées manuellement dans la carabine. Toute cible non abattue après ces huit balles entraîne une pénalité d’une boucle de 150 m supplémentaire. De ce fait, un retard conséquent peut être concédé si au temps pour recharger sa carabine s’ajoute celui nécessaire à effectuer son tour de pénalité.

Le relais mixte

La course se déroule selon le même schéma qu’un relais normal (4×2 tirs avec pioches). Chaque équipe étant constituée de deux hommes et deux femmes. Ce sont d’abord les deux femmes qui courent (6km chacune), puis les deux hommes (7.5km chacun).

Ce format de course est relativement récent en coupe du monde

Course par équipes

Les quatre biathlètes partent en même temps en doivent également arriver ensemble (à l’instar du contre la montre par équipe en cyclisme). Cette épreuve n’est plus courue en coupe du monde.

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Départ de l’épreuve de départ en ligne aux jeux Olympiques d’hiver de 2006 organisés à Turin

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